Date de création : 3 décembre 1992Extrait du 11 février 1993
PPD : Voilà, sans transition, je reçois Eric
Cantona...
CANTONA ( peintre) : Ouais bonjour...
PPD : Alors, Eric, quand on est un Français à l'étranger, comment
perçoit-on les futures élections ?
CANTONA : Puté...La politique, ça m'intéresse pas...C'est l'homme
qui est important, l'homme politique, il est en toi ...Ta politique, c'est ta vie à
toi...Ti es ton propre parti...Enfin, je me comprends, d'façon, ça m'intéresse
pas...N'culé...
PPD : Ahem...Vous ne votez pas ?
CANTONA : Bien sûr que je vote...Puté, tous les jours, je vote...Le
matin, si je vote "je me lève"...Au midi, si je vote "j'ai faim", je
mange...Voter, c'est un choix que tu fais tous les jours à l'unanimité de toi-même...
PPD : Oui, mais enfin c'est un peu à sens unique...
CANTONA : Ouais, mais je t'emmerde...Si t'es pas content je vote
"je me tire" et je me tire. N'culé...Il se tire. PPD le retient.
PPD : Tendez...Tendez...Est-ce que vous exprimez tout cela à travers
votre peinture ?
CANTONA : Mmmouais, c'est pas si simple...Tu vois...Et puté à la fin
quand je pose les pinceaux et que je regarde...Puté...Qu'est-ce que je vois ?...Au lieu
de l'enfant, un pingouin...Puté...J'avais peint un pingouin....
PPD : Vous vous êtes trompé !?
CANTONA : Mais non, tu comprends pas... C'est les pinceaux,ça, ils
sont libres...Et eux ils avaient pas voté "enfant nu", non...Eux les pinceaux,
ils ont voté "pingouin"...